• La scolarisation des élèves en situation de handicap : on en parle ?

    Quand on se forme au métier de professeur des écoles, les formateurs nous parlent de la scolarisation des enfants en situation de handicap sous forme de lois, en retraçant l’historique de leur intégration au sein de structures de l’Éducation nationale, on nous explique les abréviations concernant ce domaine, … mais à aucun moment on ne vous dit - en tout cas à aucun moment on ne m’a dit ! - qu’il est possible pour un enseignant du premier degré, non formé, sans diplôme du CAPA-SH*, d’enseigner dans des classes spécialisées.

    *CAPA-SH : Certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap.

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    La scolarisation des élèves en situation de handicap : on en parle ?

    C’est ce qui m’est arrivé cette semaine. À peine titulaire, je suis embarquée dans quelque chose que je ne maîtrise, je n’ai pas été formée pour, et je dois pourtant faire avec pendant un an (poste provisoire). Cependant, par chance, je suis accompagnée (conseillers pédagogiques, inspectrice, enseignants du 1er et du 2nd degré, ...) et j’ai voulu sur ce blog vous parler de mon expérience et partager avec vous des outils pratiques, si vous êtes dans mon cas ou pour prévenir ceux qui seront dans ma situation à l'avenir. Car ce qui est déconcertant est qu'on n'y est pas préparé, pas formé et que du jour au lendemain on débarque dans un domaine différent de celui pour lequel on s'est formé (où on a passé des stages, notre concours..)

    Dans cet article j’exposerai donc une explication des classes spécialisées, ce que c’est, etc. histoire de mieux comprendre l’aspect général. Je consacrerai mon prochain article sur l’ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire), plus particulièrement l’ASH* 3, et sur ma façon de travailler (outils, aides, conseils…).

    ASH : Adaptation scolaire et scolarisation des élèves handicapés (distinction des différents ASH dans cet article)

    → Une loi importante, celle du 11 février 2005, pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

    L’article 2 définit ce qui constitue un handicap : « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

    Article 19 : « […] l’État met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes handicapés. Tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l’école ou dans l’un des établissements mentionnés à l'article L. 351-1, le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence. Dans le cadre de son projet personnalisé, si ses besoins nécessitent qu'il reçoive sa formation au sein de dispositifs adaptés, il peut être inscrit dans une autre école/établissement [...] »

     

    • Retour en arrière… pour comprendre le présent :

    - Dans les années 1950, des structures d’accueil sont créées (les externats médico-pédagogiques), gérées par le ministère de la Santé. Une équipe pluridisciplinaire, relevant du médical, du paramédical, du social et de l’éducation (éducateurs spécialisés), y intervient. Des enseignants spécialisés peuvent intervenir si une convention avec le ministère de l’Éducation nationale est passée.

    - À la fin des années 1950, un bureau et une sous-direction - de l’Enfance inadaptée puis de l’Adaptation et de l’Éducation spéciale - sont crées au sein du ministère de l’Éducation nationale.

    - Jusqu’en 1970, de nombreux enfants atteints de handicaps spécifiques : auditifs, visuels, mentaux, sont accueillis dans des établissements spécialisés ne faisant pas partie de l’Éducation nationale.

    - Les classes de perfectionnement - créées en 1909, permettant d’accueillir des enfants handicapés mentaux - sont prises en charge par l’Éducation nationale et accueillent de plus en plus d’enfants en difficultés d’origines diverses : sociale, familiale, intellectuelle, comportementale…

    - Les Sections d’Éducation Spécialisée (SES) sont créées en 1967 au sein des collèges, permettant aux élèves des classes de perfectionnement de continuer leur scolarité. L’idée que certains enfants ne peuvent fréquenter des classes normales est dominante, la solution réside dans le fait que l’école doit s’adapter à eux sous forme d’une éducation spécialisée.

    - À la fin des années 1960 on parle d’adaptation et d’intégration scolaire : AIS. On distinguera plus tard deux dispositifs attenants à deux catégories d’enfants définies : un dispositif d’éducation spéciale adressé aux enfants souffrant de handicaps ou de difficultés durables ; un dispositif d’adaptation et de prévention adressé à ceux présentant des difficultés temporaires.

    - En 1970, les Groupes d’Aides Psycho-Pédagogiques sont crées et réunissent des enseignants spécialisés (Rééducateurs en Psycho-Pédagogie, Rééducateurs en Psycho-Motricité) et un psychologue scolaire. Des sections et classes d’adaptation sont également créées avec 15 enfants maximum avec des difficultés d’origines diverses mais jugées transitoires. Ces sections ont dont pour but de les aider à réintégrer les classes normales au bout d’un an et sont confiées à des enseignants spécialisés.

    - La politique d’intégration devient plus importante à partir de 1982, des circulaires définissent la mise en place d’actions de soutien et de soins spécialisés en vue de l’intégration dans les établissements scolaires ordinaires des enfants et adolescents handicapés ou en difficultés.
    Les SES sont transformées en Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (SEGPA) avec un objectif d’insertion professionnelle.
    Les Services d’Éducation Spécialisée et de Soins À Domicile (SESSAD) sont définis et imposent une prise en charge globale des enfants handicapés insistant sur la nécessité d’intégration scolaire dès que possible.

    - Jusqu’en 2005 des structures et dispositifs vont être mis en place : les regroupements d’adaptation (des élèves en difficulté sont aidés pour une période donnée, quittant leurs classes durant ce temps, pour développer des compétences définies) ; les GAPP disparaissent au profit des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté ; les classes de perfectionnement disparaissent ; les CLasses d’Intégration Scolaire (CLIS) voient le jour en 1991 : elles accueillent 12 élèves maximum et sont confiées à des enseignants spécialisés. Leur objectif : permettre aux élèves de s’intégrer au mieux aux activités scolaires. Il y a différents types de CLIS :
    - CLIS 1 : accueillent des enfants ayant un handicap mental,
    - CLIS 2 : pour ceux ayant un handicap auditif,
    - CLIS 3 : pour ceux ayant un handicap visuel,
    - CLIS 4 : pour ceux ayant un handicap moteur.

    Enfin, les Unités Pédagogiques d’Intégration (UPI) accueillent les enfants porteurs de handicap au collège.
    - Désormais on ne parle plus d’intégration mais d’inclusion : les élèves doivent être inclus à leur classe ordinaire (de référence) le plus possible. On ne dit plus UPI mais ULIS : Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire - qui se trouvent au niveau du collège et font suite au dispositif des CLIS de l’école élémentaire.

    Rédigé avec l’aide du livre ‘Agir en fonctionnaire de l’Etat’ Oral CRPE - Hachette Éducation

    (Dans ce livre un schéma représente très bien la scolarisation des enfants handicapés, je pourrai en faire également un si cela vous intéresse)

     

    Quand on parle d’ASH 1, 2 ou 3 c’est pour définir les conditions d’inclusion à la scolarisation :
    - ASH 1 : adaptation scolaire ECPA, SEGPA, EREA, les classes relais et l’enseignement en milieu pénitentiaire ;
    - ASH 2 : scolarisation des élèves handicapés en établissements spécialisés (hôpitaux, Institut Médico Éducatif, Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique, les Institut d’Éducation Sensorielle, les Instituts d’Éducation Motrice)
    - ASH 3 : scolarisation des élèves handicapés dans des dispositifs Éducation nationale : CLIS, ULIS - ont également un rôle dans ce type de scolarisation : les Auxiliaires de Vie Scolaire ou les Emplois Vie Scolaire, les cellules d’écoute handicap, le pilotage des enseignants référents, la mise en place du projet personnalisé, l’Équipe de Suivi de Scolarisation…

     

    Je pourrai éditer cet article à l’avenir afin de parler des différentes instances : la MDPH, la CDA, la CDES, … et je reviendrai dans un prochain article sur le Projet Personnalisé de Scolarisation.

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